ALORS QU’EST-CE QUE TU DEVIENS ?

Chacune et chacun est philosophe… Sommairement ; entendons par là que Madame et Monsieur Tout-le-monde se distinguent des philosophes de métier par leur velléité, mais qu’ils portent les graines d’un philosopher que seule la passion mène à floraison.

Thierry Aymès

Abordez sans complexe la pensée des philosophes les plus réputés à partir d’expressions que l’on peut entendre un peu partout. (Extrait de « Tous des Socrate… En herbe).


Vous avez le sentiment de n’être plus du tout le ou la même ? ! Depuis votre enfance, vous avez changé au point de ne plus vous reconnaître, au point même de douter qu’il existe aujourd’hui quelque chose en vous qui existait jadis et qui se serait transformé avec le temps ?

Cette impression est bien normale, mais elle soulève cependant l’un des plus vieux thèmes de la philosophie ! Celui du devenir qui ne va pas sans poser de problème. Héraclite est l’un des philosophes qui lui accordera la première place.

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Héraclite d’Éphèse (dit l’obscur) naquit en Asie mineure vers 540 avant J.-C. et mourut vers 480. Il est tenu pour être l’un des présocratiques les plus éminents. Ces derniers, nous l’avons vu plus haut, inaugurèrent une nouvelle façon de penser en rompant avec les traditions intellectuelles de la Grèce archaïque qui reposaient sur les mythes (Homère, Hésiode), et en proposant une explication rationnelle de l’univers ainsi que de sa genèse.

Bien que nous n’ayons recueilli que quelques fragments de son œuvre intitulée : De la Nature, nous pouvons dire qu’Héraclite est le philosophe du devenir par excellence et qu’à ce titre, il exercera une influence considérable sur Hegel (1770-1831) et Nietzsche (1844-1900), c’est ce que l’on entend communément dire en tout cas dans les couloirs des universités.

Parménide (né vers la fin VIe siècle avant J.-C. et mort vers le début du siècle suivant), son contemporain direct, sera son plus fervent adversaire en développant au contraire une philosophie de l’immuabilité de l’unité de l’Être que notre culture occidentale revendique encore majoritairement.

Selon Héraclite, tout s’écoule sans fin (Panta rhei, en grec) ou encore « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».

À l’instar des autres grands du présocratisme (Thalès, Anaxagore, etc.), il cherchera la cause première de toutes choses et arrivera aux antipodes de Thalès (eau) à la conclusion que le feu est bien le principe primordial sans lequel rien ne serait.

Précisons toutefois que, tout comme les premiers philosophes en rupture avec une tentative d’explication de l’univers de type mythologique, il verra dans le feu le logos (la loi créatrice du devenir) qui gouverne irrémédiablement chaque chose vers son contraire dans une ronde incessante.

À cause de ce point précis, Héraclite est également considéré comme le penseur de la tension, de la contradiction (il va même jusqu’à dire la guerre) sans laquelle l’harmonie du monde ne saurait se maintenir.

Tout va par couple indissociable : vie/mort, jour/nuit, mâle/femelle, grave/aigu, etc. Rien n’existerait sans ces oppositions dont il nous faut comprendre qu’elles sont toutes langagières. En effet, chacune des parties forme en définitive les deux faces d’une même médaille.

Pour finir, disons avec Nietzsche que « le devenir en tant qu’invention » empêche quelque sujet que ce soit de se constituer. Nous devons voir en lui « une activité, une invention créatrice, (n’ayant) ni causes ni effets ». Notons au passage une proximité de ce type de pensée occidentale avec la philosophie bouddhiste… Om !

© Thierry Aymès

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