QUI SE RESSEMBLE…

L’expression fait souvent long feu… Avant l’explosion. On aime qui nous ressemble jusqu’au jour où l’on est contraint d’admettre que ladite similitude n’était que de surface. Barbie quitte Kent, Paradis Depp, Enthoven Lévi ou Bruni et nous, pauvres de nous ! Bidochon anonymes, très au large de la croisette aux alouettes, allons du même pas vers celle ou celui qui nous est assorti(e).

Alors, comment ne pas en conclure que nous n’aimons que nous en cet autre-miroir ? Comment le nier quand il devient « persona non grata » à la moindre dissonance ? Sans doute est-ce Jean Schultheis qui a raison lorsqu’il chante : « Je me fous, fous de vous, vous m’aimez, mais pas moi, moi je vous voulais, mais confidence pour confidence, c’est moi que j’aime à travers vous ». L’échec est cuisant !

Mais c’est dur ! Elle est belle, il est beau, elle est intelligente, il l’est également, ils s’entendent sur tout, ont les mêmes passions, les mêmes qualités… Comment pourraient-ils se quitter après s’être tant désirés ?

Bien avant la star des années 80, Blaise Pascal écrivait : « On n’aime jamais personne, seulement des qualités ». Nous pouvons à tout le moins considérer son point de vue en prenant cependant gare à ne pas faire de contresens. Les qualités sont ici à entendre dans une acception clairement neutre. Autrement dit, une qualité est ce qui me détermine, précise mon identité. Bien sûr, vous êtes tenté(e) de répondre que l’on aime quelqu’un pour ce qu’il a d’enviable, d’objectivement admirable et de fait, selon vous, les qualités sont avant tout positives, mais peut-être devriez-vous prendre du recul avant de vous détromper.

Aimer des qualités, n’est pas aimer quelqu’un, mais plutôt « quelque chose » que l’on peut aussi bien trouver chez une autre personne. D’où nous pourrions presque conclure qu’aimer reviendrait surtout à être touché(e) par les défauts de cet autre. Et les défaut étant encore des « qualités » (négatives). Comme toujours, l’affaire n’est pas simple.

Disons qu’une personne est une totalité « insaucissonnable » et qu’à n’aimer que la part qui est à notre image (avantageuse ou pas), nous nous rapprochons dangeureusement du destin funeste de Narcisse, mort d’être tombé amoureux de son reflet dans l’eau et s’évertuant à saisir ses traits jusque dans les eaux du Styx; fleuve que l’on sait infernal.

En amour, lorsqu’il est vrai, tout est à prendre donc, le bon comme le mauvais, la vie tout entière de cet autre qu’à coups sûrs le temps et les épreuves n’épargneront pas.

La théorie est juste et belle; la pratique éprouvante…

© Thierry Aymès

Un commentaire

  1. francisbraunlegrandmagasincom dit :

    Une âme, aussi, si elle veut se reconnaître devra regarder une âme.
    Platon

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