LE TEMPS D’HÉRACLITE

À un ami qui, à l’occasion d’un apéritif que nous prenions chez lui, me demandait ce que je comprenais de la célèbre phrase d’Héraclite : « Le temps est un enfant qui joue », je répondis d’abord qu’il méritait bien son surnom. En effet, la clarté n’est pas ce qui caractérise ce philosophe que l’on a très vite qualifié d’obscur. J’ajoutai immédiatement que je me pencherais sur la question dès le lendemain pour essayer d’en dire quelque chose sans prétention et voici ce que j’écrivis très vite :

« Le propre de l’enfant n’est-il pas e jouer en effet ? Et qu’est-ce que jouer, si ce n’est se divertir à l’aide de ceci ou cela ? Ainsi, le temps serait-il un dieu (un Titan même) soustrait de fait à ce qu’il personnifie, aimant à s’amuser avec le monde et plus particulièrement avec les humains. Soit ! Mais encore ?

Enfant, il l’est surtout de n’être point encore pétrifié, corseté par les interdits en tous genres, il l’est d’être amoral, sans égard pour autre chose que son propre plaisir. Pour lui, tuer n’est pas tuer, c’est encore jouir; pas plus que que diminuer, affaiblir, disperser…

Le temps ne serait alors qu’un pervers polymorphe comme le dirait Freud, un monstre exultant de détruire et ne sachant pas ce qu’il fait. Il serait jugé innocent parce qu’irresponsable ; éternellement mineur. »

© Thierry Aymès

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