VOUS AVEZ DIT BLASPHÈME ?

Tentons d’analyser d’un peu plus près la notion de « blasphème » en n’en retenant que la signification religieuse dont on sait qu’elle ne s’est imposée que tardivement.

Convenant qu’elle ne peut être évoquée que par un croyant, de quelque confession qu’il soit.

Or, dans un pays comme la France, Dieu, en tant qu’il est une entité rationnellement improuvable fut théoriquement relégué, hors des domaines politique et juridique, dans la sphère privée depuis le XVIIIe siècle ; l’indépassable argument d’autorité : « Dieu a dit… » n’a plus lieu d’être dans le débat public. Il n’est bien sûr pas interdit de « croire », mais en tant que telle, la foi en Dieu de quiconque n’est pas plus respectable que la conviction de certains concernant la présence supposée d’extraterrestres sur notre planète.

Ajoutons par ailleurs qu’il est tout à fait compréhensible que de nombreuses personnes n’éprouvent que répulsion vis-à-vis d’institutions qui semblent responsables de millions de morts depuis l’aube de l’humanité et que, partant, certaines expriment humoristiquement leur dégoût face aux ignobles violences provoquées par ce qu’ils ne considèrent que comme de très discutables idéologies.

Nul doute que, si les musulmans en avaient le droit dans les pays où l’Islam est religion d’État (entendez par là qu’elle y est obligatoire), ils ne se gêneraient probablement pas pour se moquer de toutes les religions comme nous le faisons.

Il est banal de dire que de tout temps des conflits ont eu lieu au nom de Dieu… Et encore aujourd’hui.

Personnellement, je suis pour une totale liberté d’expression et invite chacune et chacun à participer à l’édification d’une sotériologie par l’humour, c’est-à-dire la capacité à mettre à distance ce qui est sacré à nos yeux et ne l’est pas forcément aux yeux du voisin.

Comme beaucoup d’autres, j’avoue être blessé à longueur de journée par le peu d’intérêt par exemple que le plus grand nombre a pour la poésie et la musique dite savante ; par les discours irrespectueux que cette indifférence produit. À chacun son sacré ! La mère, le père, la sœur, la famille etc., sont tout autant de motifs pouvant au cas échéant justifier un passage à l’acte meurtrier.

Dans un État de droit comme le nôtre, et sans doute l’est-il à ce jour exagérément, même si l’on peut légitimement espérer être respecté jusque dans nos convictions les plus intimes et les moins… « Enseignables », même si l’on peut être choqué par certains propos, ce n’est à mon sens pas à l’esprit religieux d’imposer sa loi, mais bien à l’esprit laïc de rappeler que seule les « Lumières de la Raison la plus libre, la moins asservie » sont autorisées à dire ce qui est punissable et ce qui ne l’est pas.

©Thierry Aymès

QU’EST-CE QUE PHILOSOPHER ?

Aide aux dissertations philosophiques, ainsi qu’à la républicanité

En France, l’apprentissage de la philosophie est proposé en Terminales, à plus ou moins forte dose, selon que l’on choisit telle ou telle section.

Mais n’allez pas croire comme certains que les professeurs qui enseignent cette matière soient rémunérés pour convertir leurs élèves à leurs points de vue ou pour en faire des sages, ce serait une grossière erreur.

Non, dans nos lycées, apprendre à nos élèves comment philosopher poursuit un idéal, celui de parachever l’édification de républicains capables de « penser contre eux-mêmes » de façon ordonnée et argumentée.

Qu’est-ce donc que penser contre soi-même ? Demanderez-vous. C’est une bonne question. Jadis, une de mes élèves ne comprenait pas non plus.

« Je ne vois pas comment je peux penser autre chose que ce que je pense ! Je pense ce que je pense, un point c’est tout » affirmait-elle d’un air têtu et agacé. Sous-entendu : « Si vous croyez que vous allez pouvoir me faire changer d’avis et obtenir de moi que je pense ce que vous voulez… ». Il y avait de l’orgueil dans ses propos et même un peu de mépris. Nul doute que si mon intention avait été de mettre à mal ses certitudes, je n’y serais pas parvenu.

Ce faisant, elle confondait tout simplement « croire » et « penser », « avoir des pensées » et « penser tout court ».

La plupart d’entre nous se contentent d’avoir de simples avis arrêtés au sujet de telle ou telle question et ne souhaitent pas en changer. Par fainéantise ou par utilité, ils ont décidé de croire définitivement (ou presque) ce qu’ils ont passivement hérité de leur éducation (parti politique, religion, goûts artistiques etc.) ou miraculeusement obtenu un beau jour qu’ils se sont mis à… Penser.

En ce sens, croire reviendrait à adhérer une fois pour toutes à ceci ou à cela ; équivaudrait à stopper un flux de réflexion dans le but de penser « quelque chose » et conséquemment d’être dans la capacité de prendre position et d’agir. Pourquoi pas en effet. L’on ne peut pas penser tout le temps et il faut bien de temps à autre poser des actes.

Mais penser, au sens où nous l’entendons, est tout autre chose.

Penser, c’est précisément, par le biais d’un travail analytique, d’un effort rationnel, s’arracher à une opinion le plus souvent spontanée, commode et commune, pour s’en proposer une nouvelle mouture, à moins qu’une toute neuve n’apparaisse au cours ou au bout de notre application.

C’est en ce sens qu’à une question du genre : « Être libre, est-ce faire ce que l’on veut ? », on peut être tenté de répondre spontanément « oui », puis passer ce « oui » au crible d’un positionnement moral et en troisième lieu, reproposer une réponse plus sophistiquée que la première prenant en considération ledit positionnement.

Penser revient alors à ne pas se contenter d’une réponse immédiate que l’on prend plutôt comme précieux point de départ dans le but de la faire évoluer au moyen d’un processus analytique, au même titre qu’un joaillier part d’une pierre brute pour arriver au diamant grâce à son savoir-faire.

Contrairement à ce que l’on peut « croire », en pensant seul, et de façon rationnelle, il nous est possible de raffiner nos points de vue jusqu’à les faire accéder au rang de thèse.

EXEMPLE

Les blondes sont-elles toutes stupides ?

1/ Oui, toutes celles que j’ai rencontrées le sont (réponse spontanée ou « hypothèse » pseudo-argumentée).

2/ Toutefois, mon ami Jean en connaît une qui est brillante (moment analytique venant ébranler quelque peu l’hypothèse).

  • Toutes les blondes ne sont pas stupides, mais beaucoup le sont (Thèse atténuant la réponse spontanée… C’est déjà ça !).

Il est évidemment possible de poursuivre ce mouvement que nous pouvons qualifier de « dialectique ».

© Thierry Aymès

UNE NOUVELLE DICTATURE ?

Pourquoi n’aurait-on pas le droit de dire que nous nous dirigeons progressivement vers une nouvelle forme de dictature ? Parce que l’Afghanistan désormais ? Joli coup de prestidigitation ! Il y a la dictature religieuse et armée, la dictature militaire et celle qui se prépare sur notre territoire au nom de la « liberté responsable ». Elle est bien plus perverse. Nous sommes très nombreux à la qualifier de « sanitaire ». C’est à nos enfants et nos petits enfants qu’il nous faut penser. Personnellement, je ne veux pas d’une civilisation orwellienne au sein de laquelle les esclaves ignorent définitivement qu’ils le sont. La lobotomie médiatique systématisée sur les chaînes propagandistes de notre État est criarde. J’ai posté récemment une vidéo de Attali qui nous met en garde contre la récupération pernicieuse de certains concepts par le système actuel et une autre où l’on peut entendre un inconnu très éclairé qui décrit à merveille ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays. Je vous invite à les visionner. Je n’ai rien à ajouter ou à soustraire à leurs propos. Nos ancêtres se sont plus que violemment libérés du joug religieux en 1789 et 1905 parce que nous sommes une nation avant tout de philosophes et parce que la Raison et le levier de notre culture. De nos jours, la colère monte contre une nouvelle religion érigée de toutes pièces par le Ministère de la Santé joint à celui de l’Intérieur qui nous ordonne de fait d’apprendre par cœur où se trouvent le Bien et le Mal. À ce sujet, je vous suggère de lire le livre de Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepoint : Délivrez-nous du Bien ! ». La liberté est une notion philosophique à laquelle nous devons prendre le temps de réfléchir. Le peuple français dans les rues, tous les samedis (pour rien selon beaucoup) sent confusément que quelque chose monte qui ne sera pas à notre avantage, bien au contraire. Je fais confiance à son intuition et me joins à l’effort qu’il fournit contre la confiance aveugle, la passivité qu’elle implique, la fatigue confuse qui la provoque ou le total désintérêt d’une bonne moitié des Français. Depuis un an et demi, des traitements efficaces pour les personnes nouvellement atteintes par cette maladie qui ne tue que 0,05 % des êtres humains ont été mis au rancart et cette décision incompréhensible a causé des milliers de morts sur notre sol ; ne l’oublions pas. Macron cache comme il le peut son incurie en ouvrant tous les parapluies qu’il trouve pour se mettre par anticipation à l’abri de ce dont il devra rendre compte après son mandat. Imaginez que l’État décide de nous tenir au courant jour après jour, heure après heure, des cas de Cancer », d’AVC, d’infarctus, d’accident de la route etc., nous ne sortirions plus de chez nous… Plus jamais.

QU’EST-CE QU’UN MULTISTE ?

Il est assez facile de le deviner… Un multiste est une personne qui a plusieurs activités et ne peut se résoudre à s’emputer de l’une d’entre elles tant son énergie et sa créativité sont grandes.

Thierry Aymès fait partie de cette communauté-là. Tour à tour philosophe, psychanalyste (médéanimiste), enseignant, écrivain, conférencier, musicien, artiste peintre, inventeur de jeux de lettres ou concepteur d’objets… N’allez cependant pas croire qu’il fait à la fois tout et rien, se condamnant ainsi à une malheureuse médiocrité. Non… Ce serait mal le juger.

Concrètement, il a écrit plusieurs livres de philosophie très originaux pour celles et ceux qui sont intimidés par cette discipline ou pensent ne pas être à la hauteur et quelques autres pour les personnes plus aguerries dans ce domaine.

Sa novella « L’ombre de midi » ne vous laissera pas indifférent(e) et, alors que nous ne sommes qu’au tout début de l’année 2022, deux romans sont en attente d’une édition.

Il a travaillé en EHPAD et composé un ouvrage à cette occasion (Sous la mémoire… Préfacé par Jean-Yves Leloup) à ce sujet où nous pouvons lire chacune des émotions et réflexions qui furent les siennes au cours de cette expérience.

Penfant 2 années, il a animé des ateliers de réflexion en Maison Centrale (Arles) et Centre de détention (Salon-de-Provence).

Plus récemment, il a conçu une nouvelle posture « psycho-soignante » dont la thèse est détaillée dans un ouvrage intitulé « La médéanimie ». Son approche très humaine des difficultés que peuvent rencontrer ses patients lui vaut une belle réputation.

En tant que conférencier, il a été recruté par « A-speakers » (une entreprise danoise) et a donné çà et là des conférences toujours très accessibles sur différents thèmes. Il a enseigné la philosophie pendant 19 ans, le français (3 années), la musique (7 ans), l’anglais (chez Acadomia, Abos) et s’intéresse à la poésie, la théologie, les spititualités etc.

Auteur-compositeur-interprète-arrangeur-multi-instrumentiste, il a enregistré (RCA-BMG-VOGUE-POLYGRAMME etc) et produit plusieurs albums dont certains sont à vocation pédagogique (PHILOSONG) quand d’autres taillent la part belle au jazz ou aux chansons de variété.

Il a inventé plusieurs jeux de lettres dont le tout dernier « Dames de Lettres » et s’est lancé, voici quelques années, dans la fabriquation de clefs USB (Li Clau et les Holikeys) en bois d’olivier qu’il a adoré vendre sur les marchés de Provence et ailleurs.

Il n’a jamais voulu écouter celles et ceux qui l’exortaient à ne poursuivre qu’un seul lièvre à la fois. Tout comme une mère ou un père aurait semble-t-il mauvaise grâce à préférer l’un ou l’autre de ses enfants, il s’est d’emblée résolu à ne jamais se limiter à l’un ou l’autre des domaines où il pressentait avoir quelques dispositions. Comme il a eu raison !