DIONYSOS EST UNE FEMME

À entendre la fête s’affoler au loin, à entendre le grand tambour de la pénia marteler une joie convenue par delà le bruissement des feuilles où je m’évertue à t’attendre, je me dis qu’il existe une mer où les hommes aiment à se baigner, un appel non pas du large, mais de l’étroit où la peur de la solitude les conduit inexorablement comme en un point de chute sans bobos, comme en un ventre tiède interdisant les visages et les voix singulières.

Je me dis que Dionysos est une femme, la nuit qu’elle creuse à chacun de ses pas; je me dis qu’elle empêche de naître quand elle prétend le contraire; je me dis qu’il fait bon s’y lover, qu’elle met l’amour dans la bouche des timides, de ceux qui n’osent pas aimer, que rien n’est pur et que tout l’est pour qui sait voir avec les yeux d’un dimanche.

Je me dis : « va, rejoins-les ! » Avant de la rejoindre… C’est aujourd’hui la Vie.

© Thierry Aymès

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